( AFP / MIGUEL MEDINA )
"Si le niveau éducatif ne s'était pas détérioré, la croissance économique aurait été de l'ordre de 0,3 point plus élevée chaque année au cours de la dernière décennie", estime auprès des Echos le président délégué du Conseil d'analyse économique (CAE), Xavier Jaravel.
De mauvaises notes qui coûtent cher. Auprès des Echos, le président délégué du Conseil d'analyse économique (CAE), Xavier Jaravel, a alerté d'un risque de "baisse du PIB de l'ordre de 150 milliards (d'euros) à l'horizon 2050" si les résultats de la France au classement Pisa de l'OCDE ne s'amélioraient pas.
Publiée mardi, l'enquête internationale Pisa de 2025 révèle que les résultats des élèves français sont les plus bas jamais mesurés depuis la création de ce classement en 2000, même si la France se maintient dans la moyenne des pays de l'OCDE dans les trois matières évaluées : sciences, compréhension de l'écrit et mathématiques. "Ces mauvais résultats vont probablement entraîner dans les cinq ans à venir une augmentation du taux d'échec dans l'enseignement supérieur et une hausse du taux de chômage des jeunes, du fait d'une moins bonne insertion professionnelle. A plus long terme, cela va aussi ralentir l'adoption des nouvelles technologies, ce qui va peser sur la productivité et donc sur la croissance de l'économie française", a développé le président délégué de cet organisme rattaché à Matignon, dans une interview aux Echos mise en ligne mercredi soir.
"Globalement, les mauvaises performances éducatives du pays pourraient se traduire par une baisse du PIB de l'ordre de 150 milliards à l'horizon 2050 si le niveau des générations suivantes ne s'améliore pas", évalue Xavier Jaravel. L'économiste fait notamment le lien entre la faible productivité et le décrochage des élèves français. "On peut estimer que, si le niveau éducatif ne s'était pas détérioré, la croissance économique aurait été de l'ordre de 0,3 point plus élevée chaque année au cours de la dernière décennie", ajoute Xavier Jaravel, qui met en lien ce décalage avec le virage tardif vers le numérique en France.
Par rapport à la dernière édition, en 2022, les résultats, testés sur 6.500 élèves français dans 289 écoles, ont baissé de 4 points en sciences, 18 points en compréhension de l'écrit et 16 points en maths. L'Organisation de coopération et de développement économiques considère que 20 points représentent environ une année de scolarité. L'étude Pisa sonde depuis 2000 les performances des systèmes éducatifs, à travers les compétences des élèves de 15 ans. Quelques jours avant la publication de l'enquête, le CAE avait dévoilé une proposition de plan annuel de quatre milliards d'euros dans la formation des enseignants et le changement de certaines pratiques pédagogiques pour rattraper le retard français.
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